Delphine Bagarry

Delphine Bagarry candidate aux élections Législatives 2017 1ère circonscription des Alpes-de-Haute-Provence

Au loup !

Il fût un temps où cette exclamation effrayait. Le loup, grand prédateur, s’approchait des maisons et constituait un grand danger pour nous, humains.
Dans les comptines, les comptes pour petits et grands, certaines bandes-dessinées et autres films d’anticipation, le loup est rarement le gentil. Il est le méchant, celui qui a mangé le petit chaperon rouge et sa grand-mère avant lui.
Puis nous l’avons éradiqué. Cela a été difficile. Il a fallu chasser, traquer, piéger, brûler des terres… Il n’y en avait plus, en 1937 officiellement en France.
Enfin il est revenu. Somptueux : farouche, fort et beau. C’était au début des années 90, en provenance d’Italie.

Oui mais voilà. Mêmes motifs, mêmes punitions. Il est toujours aussi dangereux. Malgré l’évolution de nos modes de vie et de nos méthodes d’élevage, notre génome est resté le même. Tout ce qui est fait de viande attire le loup. Et donc, tout ce qui est fait de viande a peur du loup. Des « prélèvements » ont alors été autorisés. Certains ont pu, dans certaines conditions bien encadrées, tuer des loups.
On vit ainsi – on cohabite – depuis une vingtaine d’années.

Mais maintenant c’est devenu invivable. Les éleveurs ne peuvent plus lutter. Malgré des talents de chasseurs, des méthodes pointues de surveillance, des moyens humains multipliés, des chiens toujours plus affûtés (les « patous » laissent parfois leur place aux bergers d’Anatolie, qui peuvent continuer à se battre malgré les morsures), le loup contraint les brebis à être enfermées. Le loup est trop fort…

Les prélèvements ne suffisent plus à canaliser le développement des meutes, qui se comptent en dizaines en PACA. Pour l’année en cours, 32 loups peuvent être tués en France, et ce chiffre est porté à 40 si on considère la chasse de défense. Trop peu selon nos éleveurs.
Les loups s’approchent de nouveau des habitations. Tel chasseur m’a expliqué s’être fait surprendre par un loup qui l’observait 30 mètres en arrière, à Saint-Jurs. Tel randonneur m’a montré une crête où il l’avait aperçu la veille, à l’entrée du village de Le Vernet. Tel agriculteur m’a montré une photo de quatre loups courant sur la route devant sa voiture, à Roumoules. Et puis beaucoup d’éleveurs, en ville à Digne, m’ont expliqué leur souffrance, leur désarroi. Un désastre…

Je serai très attentive à la concertation que doit mettre en place rapidement M. Nicolas Hulot. Je suivrai également de très près l’élaboration du nouveau plan loup 2018-2023. Le loup est une espèce protégée et je ne veux pas l’éradiquer. Mais les humains et leur activité me sont encore plus précieux. Je m’associe pleinement à l’inquiétude des éleveurs quant à la disparition possible du pastoralisme et aux conditions de vie extrêmement difficiles dans lesquelles la présence trop forte du loup les plonge.

Je suis pour un recul du loup. Je suis pour qu’il permette de nouveau aux éleveurs de laisser leurs brebis paître. Je suis pour que nous recommencions à vivre en n’ayant peur du loup que pour son symbole, au travers des croyances, et non pour le danger réel qu’il représente.