Delphine Bagarry

Delphine Bagarry candidate aux élections Législatives 2017 1ère circonscription des Alpes-de-Haute-Provence

Avec plus de démocratie, vers une plus grande citoyenneté

La démocratie et ses différentes formes sont au cœur des débats actuels, mis en exergue par le mouvement des « gilets jaunes ». Nous avons tous des visions différentes de la démocratie, mais nous sommes tous d’accord sur son sens étymologique : le pouvoir par le peuple. Nous aspirons tous à ce principe politique, celui répondant le mieux à notre idéal issu des Droits de l’Homme.

J’espère que cette année 2019 sera aussi l’occasion de parler de citoyenneté. Les définitions sont plus larges et j’en retiens deux : celle d’un état (on naît français, ou autre, ce qui confère des droits et des devoirs) et celle d’une dynamique (on devient citoyen). Dans cette dernière acception, devenir citoyen revient à s’engager, à donner de son temps et de son énergie à la chose commune. Et c’est vers cela que nous devons tendre : par davantage de démocratie, susciter davantage de citoyenneté. Se compter plus nombreux dans la gestion de la chose publique. Être acteurs de notre vie ainsi que des orientations de notre société.

Le grand débat annoncé par le Président de la République doit être une chance pour nous. Une crise démocratique est installée, que le mouvement des « gilets jaunes » nous rappelle de façon quotidienne. Volonté d’écoute, volonté de transparence, volonté de de ne laisser aucun d’entre nous sur le côté, volonté d’action, etc., ces demandes vont être des atouts pour notre système démocratique autant que pour un développement citoyen.

Il nous faudra, de façon collective, nous organiser pour recueillir les attentes, puis savoir interpréter les besoins, pour enfin nous inscrire dans l’action. Me concernant, cette action sera d’abord d’ordre législatif. Puis elle sera de l’ordre du contrôle de l’action gouvernementale, qui est une autre mission des députés.

Mais si la façon de faire de ce grand débat est inédite, le fait d’être au plus près des préoccupations des administrés n’est pas nouveau pour moi. Au quotidien, mes activités depuis le début du mandat consistent en grande partie à rencontrer des citoyens. Je suis à l’écoute de la population, en contact permanent, et tous les moyens de dialoguer et de se comprendre sont bons. Le grand débat est un outil de plus et je ferai en sorte de savoir l’utiliser au mieux.

Il y a une volonté de davantage de démocratie. Tant mieux ! Tout système est perfectible et il est sain de vouloir continuer à progresser. Mais n’oublions pas que le système actuel est déjà fortement démocratique. Ce serait faire injure à nombre de personnes qui vivent dans des pays où les libertés individuelles sont loin d’avoir le même niveau de garantie qu’en France et où le pouvoir n’est exercé que par quelques-uns, sans aucune possibilité d’influer dessus.

Les espaces de dialogue et de prises de décisions collectives sont nombreux. Sans vouloir être exhaustive, je pourrai citer bien sûr les espaces strictement politiques qui sont des institutions, tels l’Assemblée nationale – où nous représentons les citoyens – et le Sénat – qui représente les élus locaux – les conseils départementaux ou régionaux, ou encore les mairies.

Non obligatoires et donc moins institutionnels, nous pouvons également citer les conseils consultatifs, d’ordres divers. Les comités d’intérêt de quartier en sont un exemple.

Toujours plus proches de nous, nous citerons également les associations. D’ordre privé et d’impulsion citoyenne, on en dénombre environ 1,5 million d’actives en France. Toutes régies par au moins une assemblée générale annuelle, elles sont un espace essentiel d’expression de la citoyenneté par la vie d’un système démocratique interne. Et puis il y a également les syndicats, les mutuelles, les groupes informels, les chambres consulaires, les ordres professionnels, les partis politiques… tous constituent les « corps intermédiaires ».

Ces corps intermédiaires sont essentiels. Ils sont des interlocuteurs précieux. Chacun représente des intérêts très divers et chacun essaye de peser, à sa façon, dans la vie publique. Car chacun est un espace interne de démocratie. Chaque voie est égale à une autre, les représentants sont élus ou désignés par les membres. Chaque groupe peut avoir sa forme, toujours perfectible et souvent remise sur le métier, mais le pouvoir est rarement exercé de façon autoritaire.

Et ces corps intermédiaires apportent une plus-value essentielle : ils sont aussi dans l’action. Par exemple, le Réseau d’Education Sans Frontière œuvre tous les jours pour la défense de migrants et le respect de leurs droits. L’ordre des médecins, que je viens de rencontrer avant Noël, est très investi sur une répartition équitable des médecins sur notre territoire. Le Comité Départemental Olympique et Sportif travaille à ce que tout le monde puisse pratiquer dans des conditions satisfaisantes des activités sportives. Je pourrais ainsi citer des centaines d’exemples. Dans ces cas, la démocratie est leur support et la citoyenneté leur objectif. Ils sont acteurs.

Une société développée et équilibrée ne saurait se résumer à une politique publique étoffée. La Corée du Nord est officiellement une république populaire. Selon les informations que nous en avons, ce n’est pas notre système idéal. D’abord parce que nous ne sommes pas sûrs que les libertés individuelles et collectives soient respectées, mais surtout parce que la dimension citoyenne est visiblement absente. Aucune place n’est laissée aux initiatives ni aux actions de quelque nature que ce soit qui ne seraient pas étatiques. Aux côtés de l’État, il faut des citoyens actifs. L’État, si démocratique soit-il, ne peut pas et ne doit pas tout faire. Les citoyens savent ce qui est bon pour eux, ils ont la possibilité en France d’en réaliser une partie ; nos institutions sont là pour les y aider. Et puis, surtout, les corps intermédiaires permettent l’implication, qui elle-même favorise le lien social. C’est tout autant l’action réalisée qui est importante, que la façon dont elle est réalisée.

L’initiative privée pour le bien commun doit être favorisée. La France est forte de sa vie des corps intermédiaires et du dynamisme de ses collectifs citoyens. Plus de démocratie ? Je suis d’accord. Une nouvelle république ? Pourquoi pas. Mais dans tous les cas favorisons les implications citoyennes. Elles existent déjà, encourageons-les. Les institutions politiques peuvent beaucoup de choses, mais la véritable garantie d’une société juste et épanouissante ne se résume pas à elles. Je milite pour une société démocratique, favorisant l’implication citoyenne avec le plus grand respect des libertés individuelles.