Delphine Bagarry

Delphine Bagarry candidate aux élections Législatives 2017 1ère circonscription des Alpes-de-Haute-Provence

Communiqué de presse sur les annonces du Premier ministre sur la réforme des retraites

Le 11 décembre, le Premier ministre présentait devant le Conseil économique, social et environnemental (CESE) le projet détaillé de réforme pour un système universel de retraite.

Malgré les clarifications apportées, les avancées sociales annoncées, je vois bien que des inquiétudes demeurent chez une majorité de Français. Pour ma part, si je suis très attachée à cette grande réforme de justice sociale, je considère qu’il ne faut pas travailler dans la précipitation afin qu’elle puisse être acceptée et portée par l’ensemble de la communauté nationale.

De ce fait, je regrette que les syndicats favorables à une retraite universelle à points rejoignent le mouvement d’opposition à la réforme. Pour renouer le dialogue, il faut revenir au cœur du projet porté par le Président de la République pendant la campagne présidentielle : une réforme systémique d’égalité, de justice et de simplification. Notre régime reste équilibré et stable, il n’y a pas d’urgence à vouloir réformer son financement.

Je fais le vœu d’une réforme qui n’appréhende plus la retraite comme la cessation d’activité mais comme un continuum, une transmission. Presque la moitié des personnes arrivent aujourd‘hui à la retraite en n’étant plus dans l’emploi. Il faut s’interroger de savoir pourquoi : est-ce un problème de pénibilité, de qualification, ou de temps de travail. Cela interroge forcément les questions de formation professionnelle, de possibilité de réorientation, d’adaptation du temps de travail et par dessus tout de qualité de vie au travail. Ce n’est qu’avec les partenaires sociaux que nous pourrons définir tout cela, ce n’est qu ‘avec eux que nous devons trouver les solutions qui permettront à tous et toutes de partir à la retraite dans de bonne conditions.

Cette réforme doit nous inviter à repenser notre relation au travail, et cesser d’opposer les différents régimes. Elle doit aussi nous permettre de sortir de ces perceptions sociales qui enferment les femmes dans une fonction familiale, et qui retardent leurs évolutions de salaire et de carrière. Elle prendra en compte la pénibilité pour les professions qui usent le corps, le travail de nuit, les carrières longues, et l’augmentation de salaire des enseignants pour leur garantir les mêmes droits qu’actuellement. Tout cela bien-sûr doit être décidé avec les différentes branches professionnelles.

Enfin, je salue l’effort supplémentaire qui est demandé à ceux qui ont les plus hauts revenus : les personnes percevant plus de 120 000 € par an auront, pour les mêmes droits, des cotisations supplémentaires, même si je pense que ce seuil pourrait être abaissé.

Cependant je regrette cet âge « pivot » fixé à 64 ans qui entraînerait un malus pour ceux qui partiraient à 62 ans. Restons sur cet âge de 62 ans comme âge légal de départ à la retraite et n’instituons pas de décote, sinon nous faisons encore une réforme paramétrique.

Je voudrais terminer par un message d’espoir : il n’est pas facile de faire une grande réforme de justice sociale, il est normal qu’elle fasse débat, qu’elle suscite des oppositions et des inquiétudes. Il nous revient de les entendre, d’y répondre et de réformer pour la communauté nationale et dans l’intérêt général.