Delphine Bagarry

Delphine Bagarry candidate aux élections Législatives 2017 1ère circonscription des Alpes-de-Haute-Provence

Evolution de la formation de sage-femme

J’accueille avec enthousiasme le vote de la proposition de loi de ma collègue Annie Chapelier pour l’évolution de la formation des sages-femmes :

  • revalorisation des rémunérations,
  • intégration au parcours universitaire,
  • redéfinition des compétences,
  • évolution du statut.

Continuons sur ce chemin.

Mon intervention :

Texte de mon intervention

Monsieur le président, Madame la ministre, Madame la rapporteure, Mes chers collègues, 

Sous-effectif chronique et criant menant à un épuisement professionnel, non-reconnaissance du statut de praticien hospitalier, rémunération trop faible au regard des compétences et de leur niveau de formation : voilà les conditions de travail dans lesquelles les sages-femmes accompagnent, malgré tout, les femmes tout au long de leur vie, mais aussi les nouveau-nés et les familles, à l’hôpital comme en ville. 

Face à ce quotidien, leurs revendications exprimées ces dernières années sont légitimes et doivent être pleinement entendues : une revalorisation globale des rémunérations, une intégration au parcours universitaire, une redéfinition et une extension des compétences, une évolution du statut vers celui de praticien hospitalier.

Des demandes qui ont été intégrées au sein de la proposition de loi d’Annie Chapelier que nous remercions et que nous accueillons avec enthousiasme.

Un texte qui, en premier lieu, permet l’intégration universitaire de la formation de sage-femme et rend possible les stages pratiques auprès de maîtres de stages universitaires. Un stage important puisqu’il constitue une première mise en situation en ambulatoire, et c’est aussi, pour nos territoires qui souffrent d’une carence de praticiennes et praticiens, une opportunité pour faciliter et inciter leur installation.

Un texte qui, en second lieu, permet de conforter les compétences étendues des sages-femmes avec la création du 3ème cycle d’études universitaires. Il autorise de coupler une activité de recherche et d’enseignement à celle d’une pratique clinique et surtout, par ce texte, l’activité de sage-femme sera vraiment reconnue comme une activité médicale à part entière.

Cette proposition de loi arrive après l’annonce de l’augmentation salariale de 500 euros par mois. Somme qui, en réalité, prend en compte l’augmentation de 183 euros du Ségur de la Santé versée depuis décembre 2020, et qui, pour moitié est allouée sous forme de prime. Somme qui n’entre donc pas dans le calcul des droits à la retraite, et qui est, de surcroît, soumise à ​​une obligation de présence et augmentation salariale qui ne concerne pas les sages-femmes de la fonction publique territoriale. Somme qui exclut les sages-femmes exerçant en PMI, les contractuelles hospitalières et celles qui exercent en libéral.

Une revalorisation que nous, parlementaires du collectif Ecologie Démocratie Solidarité reconnaissons comme une première étape d’une évolution de la profession mais qui ne répond pas pleinement aux besoins des professionnels et des patientes. 

Elles sont par ailleurs toujours en attente du décret concernant l’expérimentation leur autorisant l’IVG instrumentale.

Aussi, ces mesures devront être parachevées de garanties d’effectifs suffisants au sein des structures ainsi que d’une couverture effective des besoins en santé des femmes sur le territoire. Des garanties qui pourront assurer la pleine reconnaissance des sages-femmes, à la hauteur de leurs compétences et du caractère essentiel de leur travail. 

Mme la rapporteure, mes chers collègues, pour notre hôpital public et ses usagers, pour la garantie d’un accès aux soins de qualité pour tous et partout, nous devons changer de paradigme. 

La démocratie sanitaire ; les besoins du patient ; le juste soin ; la prévention ; la Gouvernance au service du patient et non plus de la rentabilité des actes ; l’accès aux soins de ville et aux soins hospitaliers : voici les chantiers que nous devons également entamer pour que les sages-femmes, mais aussi tous les professionnels du soin retrouvent du plaisir à exercer. 

Je vous remercie.