Delphine Bagarry

Delphine Bagarry candidate aux élections Législatives 2017 1ère circonscription des Alpes-de-Haute-Provence

Lavande : intervention auprès des députés européens

Face à l’incertitude des producteurs de lavande du sud-est de la France, sur le projet d’évolution du règlement européen relatif à la classification, à l’étiquetage et à l’emballage des substances (CLP), je suis intervenue auprès des députés européens.


Ci-après, mon courrier intervention.

Madame la Députée européenne, Monsieur le Député européen,

Le projet d’évolution du règlement européen relatif à la classification, à l’étiquetage et à l’emballage des substances (CLP), qui doit être présenté par la Commission européenne fin 2022, crée une grande incertitude chez les producteurs de lavande du sud-est de la France.

En effet, cette révision qui prévoit de nouvelles classes de danger et des critères de classification correspondants, pourrait conduire à placer les huiles de lavande et lavandin comme produits toxiques, du fait de la présence de certaines molécules les composant. De surcroît, les nouveaux tests qui en seraient issus incomberaient aux producteurs, et ne seraient pas finançables pour de nombreuses structures.

Bien que la volonté de l’Union européenne d’avancer sur sa volonté de réguler les produits chimiques vers une ambition de pollution zéro est nécessaire, elle semble totalement inadaptée en ce qui concerne la production et la transformation des produits issus de la lavande : de très nombreux produits naturels comportent des molécules dangereuses (noyaux d’abricots, amandes, etc.), mais n’ont jamais été au centre d’un scandale sanitaire, parce que leur usage ne représente pas de danger.

Aussi, je me permets de vous alerter, en votre qualité de parlementaire européen étant donné qu’à l’issue des travaux menés par la Commission européenne, vous pourriez être amenés à vous prononcer sur une évolution de la législation européenne.

Surtout, je souhaite revenir sur les conséquences que pourraient avoir de fortes restrictions : des produits de synthèse créés en laboratoire pourraient se substituer à un produit naturel, issu de la distillation artisanale qui participe à l’aménagement d’un territoire unique en Europe, à son attrait dans le monde et à son développement économique.

Au-delà du préjudice porté au territoire, à ses emplois et à ses habitants, durcir la législation sur ces produits issus d’un savoir-faire ancestral interroge notre rapport à la nature, au vivant dans toutes ses composantes : si l’information des consommateurs doit être claire et précise, si les progrès scientifiques nous permettent d’isoler des molécules de façon de plus en plus précise pour se préserver de celles qui sont dangereuses, l’encadrement normatif, lui, ne doit pas nous priver d’utiliser des produits non dangereux dans leur usage habituel.

Ainsi, j’espère que vous comprenez la vive émotion, et l’incompréhension, qui traverse les territoires provençaux. Une telle évolution du cadre normatif pourrait mettre en cause un patrimoine qui participe à créer des communs dans toute la Provence. Aussi, j’espère pouvoir compter sur vous comme un défenseur de la transformation traditionnelle et artisanale de la lavande.

Je vous prie de recevoir, Madame la Députée européenne, Monsieur le Député européen, mes salutations les plus cordiales.

Delphine BAGARRY
Députée des Alpes de Haute-Provence