Delphine Bagarry

Delphine Bagarry candidate aux élections Législatives 2017 1ère circonscription des Alpes-de-Haute-Provence

Loi Climat : mon intervention à l’Assemblée

Je suis intervenue lors de la discussion générale sur la loi climat. L’occasion de rappeler que le climat, c’est la santé !

Le changement climatique est l’un des plus grands défis de notre temps. Il change déjà nos vies quotidiennes. Chacun d’entre nous est impacté. Et si nous ne faisons rien, nos enfants vont connaître un monde de migration, de guerres et de pénuries.

A ces mots, prononcés en juin 2017 par le président de la République, peuvent être ajoutés d’autres maux, dont un qui s’est imposé à nous avec violence : la pandémie de COVID-19.

Le dérèglement climatique, la déperdition de notre biodiversité, l’érosion du vivant sont les plus grands défis de notre temps ; ils affectent tout le monde, mais touchent d’abord les plus fragiles, du fait de leurs conditions ou de leurs âges, de par leur situation physique ou de par leurs environnements de vie.

Si l’enjeu ne peut plus être ignoré, si l’action est devenue si évidente, pourquoi encore tergiverser, pourquoi renoncer à l’ambition, pourquoi accepter des régressions en commission ?

Virus de l’immunodéficience humaine dit SIDA ; épidémie de SRAS ; fièvre de la vallée du Rift ; fièvre jaune ; épidémie de chikungunya ; grippe A H1-N1 ; grippe aviaire H5-N1 ; Ebola ; épidémie de dengue ; pandémie de Covid-19.

Par l’emprise humaine sur les habitats sauvages, le XXI° siècle est déjà celui des épidémies et des pandémies, celui des zoonoses, maladies transmises de l’animal à l’homme. Par la déforestation massive pour cultiver l’huile de palme, l’agriculture et l’élevage intensifs, chaque jour, la pression sur les habitats s’intensifie, le risque sanitaire grandit.

100 000 morts : c’est le nombre de décès prématurés qui seraient attribués chaque année, en France, à la pollution de l’air liée aux énergies fossiles. Soit 17,3% de l’ensemble des morts.

L’exposition à l’humidité et aux moisissures, au manque de luminosité, au bruit et au froid augmente le risque de maladie. En France les carences de l’habitat touche 3,5 millions de ménages, prive de 2 millions de jours de classe par an les enfants des milieux les plus modestes.

Pire, la précarité énergétique tue. Pour protéger ses concitoyens du mal logement, l’ambition du Parlement devrait être de supprimer TOUTES les passoires énergétiques, TOUS les logements classés E, F et G, ET pas seulement de ne pas augmenter les loyers.

Lutter contre le dérèglement climatique, contre la pollution et contre la précarité énergétique sont des enjeux de santé publique majeurs, des enjeux de cohésion sociale majeurs, parce que les plus précaires et les plus fragiles en sont les premières victimes.

Pourtant, ce texte ne permettra pas d’endiguer cela, ce projet de loi ne va pas assez loin dans les exigences de rénovation énergétique accessible à tous, n’a pas l’ambition d’une vraie loi climat. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est Le Haut Conseil pour climat, qui pointe un « manque d’ambition sur la portée, le périmètre ou le calendrier » des mesures.

Les bénéfices attendus d’une loi ambitieuse, individuels et collectifs sont pourtant indéniables, et ici il faut une action forte de la puissance publique.

Bénéfices en termes de santé publique, mais aussi économiques en améliorant la santé de nos concitoyens et en améliorant leurs pouvoirs de vivre.

Le climat c’est la santé!

Le chef du Gouvernement affirmait, à cette Tribune, que l’avenir est de faire -demain- Prades Perpignan à vélo. Ce projet de loi comporte-t-il cette ambition ?

Avec la quasi-totalité des 150 amendements déposés en commission sur ce sujet déclarés irrecevables, la réponse ne peut-être que non. Il y a pourtant tant à faire : promouvoir dès le plus jeune âge l’apprentissage ; rendre obligatoire le forfait mobilités durables ; augmenter le fonds vélo !

Le vélo permet de lutter contre la sédentarité et c’est un enjeu de santé public majeur, il permet même d’améliorer la productivité chez les salariés ! Plus 20% selon les études, parce que lorsque nous sommes en forme et en bonne santé, nous travaillons mieux !

Cela ne sont que quelques exemples du manque d’ambition, En somme, ce projet de loi comportant pourtant déjà près de 130 articles demeure bien insuffisant : il ne permet pas de changer la donne, de renverser la table, il n’offre pas la bouffée d’air dont nous aurions besoin.

Je fais le vœu qu’ici et bientôt, nous pourrons discuter d’une vraie loi pour le climat. Je vous invite à étudier celle déposée par Delphine Batho, Matthieu Orphelin et le collectif Ecologie Démocratie Solidarité, la vraie loi climat reprenant sans filtre les propositions de la convention citoyenne pour le climat, qui a été un exercice démocratique inédit et qui promettait une grande adhésion des citoyens et des citoyennes. Nous le devons par respect des 150 citoyens, mais surtout par respect de la vie.