Delphine Bagarry

Delphine Bagarry candidate aux élections Législatives 2017 1ère circonscription des Alpes-de-Haute-Provence

Ma priorité face au loup : les humains avant tout !

Le sujet continue d’animer des passions. Je reçois de multiples interpellations, y compris des jeunes de mon territoire. La classe qui travaille au Parlement des enfants de l’école de Gaubert comme les élèves participant au projet Erasmus sur la biodiversité au lycée Pierre-Gilles de Gennes m’ont tous interrogée sur ce sujet. J’écoute tout le monde, j’explique ce qui se passe à Paris entre les députés investis dont je fais partie et le ministère de Nicolas Hulot, et je donne ici mon avis.

C’est une opinion difficile, qui me coûte. Entre le choix philosophique de préserver notre biodiversité face à ce grand prédateur et le choix humaniste de prioriser l’activité humaine, le dilemme est fort. Le gouvernement fait des efforts. Il a recréé un groupe loup. Il se tient à l’écoute des attentes des députés, eux-mêmes largement alimentés en réflexions par leurs territoires respectifs.

Mais, si je dois donner une priorité, elle va à l’activité humaine. Je soutiens les éleveurs, leur activité économique, biologique et géographique. Le loup coûte cher. Et pas uniquement d’un point de vue financier. Il crée des souffrances et je les ai vues et entendues. Je sais des familles en grande difficulté, inquiètes de voir le loup redevenir un danger et mettre en cause leur survie économique autant que leur quiétude au travail. Les solutions du Plan Loup sont intéressantes, mais la situation n’est pas aussi paisible que lorsque le loup se tenait éloigné.

Qu’il ait été éradiqué, supprimé de la carte de France, ou non, toujours est-il qu’il y a eu de belles années où il n’était plus une menace. Aujourd’hui les chiens, les bergeries, les fusils, ne sont pas une solution satisfaisante pour les éleveurs. Ils ne veulent pas entretenir des meutes de « patous » menaçants, ils ne veulent pas de façon systématique abriter leurs brebis et ils ne veulent pas tuer systématiquement les loups. Ils ne réclament pas davantage d’indemnités suite aux prédations. Ils veulent juste retrouver la sérénité d’avant. Celle qu’ont recherchée pour eux nos ancêtres.
En outre, nous voyons que la présence du loup impacte indirectement le territoire avec la présence des patous, plus dangereux pour l’humain que le sont les loups. Les randonneurs sont parfois détournés de leur chemin à cause des troupeaux en pâture.

loupA-t-on le droit pour autant d’éradiquer les loups ?

Non, pas plus que toute autre espèce.

Mais il nous faut continuer à réfléchir au juste équilibre, il nous faut continuer à enrichir nos connaissances scientifiques pour que toute espèce vivante puisse cohabiter avec les humains, et que les humains ne nuisent pas non plus à la survie des autres espèces vivantes.