Delphine Bagarry

Delphine Bagarry candidate aux élections Législatives 2017 1ère circonscription des Alpes-de-Haute-Provence

Persécution des Ouïghours : lettre de parlementaires au Président de la République

Nous ne pouvons plus détourner le regard sur ce qui se passe en Chine. Avec 30 parlementaires, et à l’initiative de mon collègue Aurélien Taché, nous appelons le Président de la République à prendre des positions fortes pour que les persécutions que subissent la communauté Ouïghour cessent immédiatement et fassent l’objet de réparations à hauteur du préjudice subi.

Lettre de parlementaires à l’attention du Président de la République pour que la Chine soit reconnue comme coupable de crime contre l’humanité au regard des persécutions commises à l’encontre de la communauté Ouïghour dans le Xinjiang.


Alors qu’un collectif de réfugiés Ouïghours appelle la Cour Pénale Internationale de la Haye à enquêter sur les violences commises à l’égard de leur communauté, nous ne pouvons plus détourner le regard sur ce qui se passe aujourd’hui en Chine.

Le dossier remis à la CPI ainsi qu’une étude inédite du chercheur allemand Adrian Zenz apportent un éclairage nouveau sur la question des persécutions et des violences que subissent depuis des années les 12 millions de membres de la population minoritaire musulmane Ouïghours de la province chinoise du Xinjiang. Ces travaux, réalisés en toute indépendance, se basent sur des chiffres concrets, des documents officiels des autorités chinoises et de multiples témoignages.

Il y a aujourd’hui en Chine des pratiques avérées de stérilisation ainsi que de procédures drastiques et intrusives de contrôle des naissances qui sont imposées aux populations par la force, sous la menace d’être déportés dans des camps. Bien loin des « centres de formation professionnelle » dont
parle Pékin, ce sont bien de camps de redressement et de rééducation dont il s’agit où les détenus subissent les pires exactions en raison de leur origine ethnique, de leur langue et de leur religion.

Il y a une volonté claire de la part de la Chine d’éliminer progressivement cette communauté ethnique qui, selon les termes utilisés par le régime : « affaiblit l’identité nationale et l’identification à la race nationale chinoise ». N’ayons pas peur d’utiliser des termes forts, il s’agit bien ici d’une entreprise organisée et institutionnalisée d’éradication d’une population.

Dans son acception générale, un crime contre l’humanité désigne le fait de supprimer ou de persécuter un individu sous le seul prétexte de son existence.
Dans sa définition juridique, établie à l’article 7 du Statut de Rome, le crime contre l’humanité comprend en particulier : « La déportation ou le transfert forcé de la population […] L’emprisonnement ou une autre forme de privation grave de liberté physique en violation des dispositions fondamentales du droit international […] Le viol, l’esclavage sexuel, la prostitution forcée, la grossesse forcée, la stérilisation forcée ou tout autre forme de violence sexuelle de gravité comparable ».

En tant que parlementaires, nous avons le devoir de garantir les conventions internationales et de défendre en France, comme au-delà de nos frontières, les valeurs de la République dont nous sommes les représentants. Le comportement de la Chine vis-à-vis de la population Ouïghour fait peser une menace grave le droit international et représente une atteinte inacceptable aux libertés que nous reconnaissons comme fondamentales et à la dignité humaine.

Ces pratiques, comme l’impunité dont jouit depuis trop longtemps le régime chinois ne sont pas acceptables. En gardant le silence alors que des femmes, des hommes et des enfants sont persécutés chaque jour, nous nous rendrions complices de ces exactions.

Ainsi, nous appelons le Président de la République, Monsieur Emmanuel Macron, à prendre des positions fortes et à agir concrètement pour que la Chine soir reconnue et condamnée au niveau international comme coupable de crime contre l’humanité, pour que les persécutions que subissent la communauté Ouïghour cessent immédiatement et fassent l’objet de réparations à hauteur du préjudice subi.