Delphine Bagarry

Delphine Bagarry candidate aux élections Législatives 2017 1ère circonscription des Alpes-de-Haute-Provence

Proposition de loi visant à augmenter le SMIC

Je suis intervenue lors de l’examen de la proposition de loi visant à augmenter le salaire minimum interprofessionnel de croissance et à ouvrir une conférence nationale sur les salaires, déposée par le groupe socialiste.

Mon intervention

Texte de mon intervention

La question salariale est au cœur des préoccupations de nos concitoyens, et devrait être au cœur de notre débat public tant il est prégnant / et que depuis la crise des subprimes de 2008, la situation économique de tant de foyers s’est dégradée. 

Aussi, je tiens à remercier le rapporteur et le groupe socialiste d’avoir mis ce sujet à l’ordre du jour de nos débats.  Merci pour cette belle et riche niche . (si je puis m’exprimer ainsi)

En effet, l’enjeu de la rémunération est d’autant plus important lorsqu’il peut recouvrir tant d’injustices ressenties, lorsque les efforts consentis pour sortir collectivement de la crise n’ont pas été reconnus, et quand le revenu disponible à la fin du mois diminue quand bien même la reprise économique est là. Parce que les loyers augmentent, parce que le prix d’achat d’un bien immobilier augmente, parce que tous les biens nécessaires à la vie courante augmentent à commencer par l’essence et l’électricité.

 Quand l’inflation est désormais là, et qu’elle peut s’inscrire dans la durée. 

En outre, sur cette question, ce qui est marquant depuis 2008, ce n’est pas tant l’absence d’augmentation de revalorisation salariale, c’est surtout sa très grande disparité : depuis 2008, le salaire de 10% des français les plus riches a augmenté trois fois plus vite que celui des 10% les plus pauvres. 

Et aux mêmes effets, les mêmes conséquences : la reprise économique post-confinements ne se traduit pas toujours par un partage équitable de la valeur ajoutée ; pire, elle semble régresser. 

Cela se traduit notamment par une augmentation de l’écart salarial entre les femmes et les hommes. Les femmes représentent, il faut le rappeler, 70% des travailleurs pauvres, 83 % des temps partiels et 62 % des emplois non qualifiés. En 2021, l’écart salarial entre femmes et hommes s’élève à 16,5 %, contre 15,5 % en 2020.

Cette iniquité réelle, ce sentiment d’injustice légitime, se traduit douloureusement pour bon nombre de Françaises et de Français et en particulier dans les métiers les plus précaires pour les personnes se sentant, sans cesse, sur le fil du rasoir. 

Pour y répondre, les efforts consentis pour augmenter le revenu disponible des Français l’ont essentiellement été par les pouvoirs publics, soit par des dépenses supplémentaires, soit par des diminutions de prélèvements obligatoires qui ont notamment fragilisé notre système de sécurité sociale. 

Il est temps désormais de mieux répartir les responsabilités entre les acteurs économiques afin que les travailleurs disposent de rémunérations justes, à la hauteur de leur valeur productive dans les entreprises, mais aussi, à la hauteur de leur rôle essentiel au sein des entreprises et de la société. 

Alors oui, augmenter le SMIC est une solution incontournable, à laquelle nos voisins, mêmes les plus libéraux, recourent : hausse en Angleterre, hausse au Portugal, hausse en Allemagne – 25% prévu en 3 ans ! – hausse en Espagne – 31,8% depuis 2018 !-. 

Et Oui, une grande conférence nationale sur les salaires pour l’ensemble des travailleurs est une nécessité. Mais il faut aller en définir un cadre : la juste rémunération au cœur des entreprises. Il s’agit de l’ambition de l’amendement de mon collègue Matthieu Orphelin qui vise à s’assurer qu’il ne puisse plus y avoir d’écarts supérieur de 1 à 20 à au sein d’une même entreprise. 

Mes chers collègues, la période est difficile, le climat social est tendu à la suite des chocs successifs. Le Parlement, les pouvoirs publics ne peuvent en rester des témoins passifs : offrons un printemps social aux Françaises et aux Français.