Delphine Bagarry

Delphine Bagarry candidate aux élections Législatives 2017 1ère circonscription des Alpes-de-Haute-Provence

Réforme des retraites : Chacun doit mettre son cas particulier de côté pour réfléchir au bien commun

Demain aura lieu une grève et une grande manifestation, commune à plusieurs professions et organisations syndicales pour s’opposer au projet de réforme des retraites.

Je suis très attachée à l’exercice de nos droits démocratiques, à leur expression dans l’espace public d’autant plus que sur ce sujet il y a des angoisses qui ont le mérite de s’exprimer : nos retraites sont partie intégrante de notre pacte intergénérationnel, nous y sommes tous très attaché·e·s.

Toutefois, la protection sociale du XXI siècle reste à inventer. Elle doit-être synonyme de plus de justice, de plus de solidarité et de plus d’équité, en particulier pour les plus fragiles d’entre nous. Je suis persuadée que sur ce sujet, l’ensemble des Français·es peuvent se retrouver ; c’est le paradoxe de cette réforme, alors qu’une majorité des Français·es souhaite un système de retraite unique et plus équitable, une majorité soutient également la mobilisation du 5 décembre.

Ainsi, je fais le vœu que le dialogue, entre le Gouvernement et les partenaires sociaux, entre les citoyen·ne·s et leurs représentant·e·s, soit maintenu quoi qu’il arrive car au-delà de cette réforme, ce qui compte est la façon dont nous construisons notre avenir commun. Il faut envisager la retraite comme un continuum de la vie professionnelle, où chacun reste actif·ve car acteur·rice de la vie de sa cité, en exerçant ses droits civiques, en s’impliquant dans la vie associative, en s’occupant de ses proches, acteur dans une société solidaire. Par continuum de la vie professionnelle j’entends la formation initiale et continue, la recherche d’une qualité de vie au travail, les possibilités d’évolution de carrière et de mobilité professionnelle et bien sûr l’emploi des séniors.

Nous ne pourrons envisager une réforme systémique que si elle est co-construite, en responsabilité, parce qu’on envisage le meilleur collectivement et pour tous.
Chacun·e doit mettre son cas particulier de côté pour réfléchir au bien commun.

Le chemin pour y parvenir est difficile et nécessite un dialogue constant, qui passe probablement par la revalorisation de certains métiers, des carrières et des rémunérations, notamment chez des enseignant·e·s, un dialogue qui doit aboutir à une progression de tou·te·s pour tou·te·s.

Je reste persuadée que l’on peut y parvenir. Pour cela, nous devons réaliser l’expérience philosophique à laquelle nous invite John Rawls : ignorer sa situation sociale afin de déterminer à quoi doit ressembler demain une société plus juste et plus équitable.