Delphine Bagarry

Delphine Bagarry candidate aux élections Législatives 2017 1ère circonscription des Alpes-de-Haute-Provence

Réforme des retraites : Je regrette l’utilisation du 49-3

Je me suis exprimée contre l’utilisation du 49-3 la semaine dernière au travers d’une tribune signée avec plusieurs de mes collègues, invitant le gouvernement à chercher d’autres solutions.

Une réforme d’une telle ampleur ne peut faire l’impasse sur la consultation des parties prenantes, le temps de la réflexion et du travail et surtout le dialogue démocratique, exercé par les représentant·e·s direct·e·s des citoyen·ne·s que sont les député·e·s.

C’est pourquoi je regrette que ce temps parlementaire nous ait été « volé », d’une part par l’obstruction parlementaire, et d’autre part par une procédure d’examen inadaptée à un tel texte.

La réforme des retraites doit être une grande avancée sur le plan de la solidarité, de la prise en compte de la pénibilité des métiers, des mobilités professionnelles, des carrières heurtées et de l’espérance de vie en bonne santé.

Elle est l’occasion de réinterroger le travail comme un continuum prenant en compte la formation professionnelle, la prévention, les possibilités de réorientation et les cessations progressives d’activité.

Elle est l’occasion pour les entreprises et les travailleurs de réfléchir ensemble à l’avenir professionnel de chacun dans le temps pour ne plus subir comme une fatalité une incapacité liée à l’âge ou à la pénibilité d’un métier.

Elle est l’occasion de revaloriser les salaires des fonctionnaires en relation avec leur niveau de compétence et non de l’échéance de leur cessation d’activité.

Je suis favorable à la réforme des retraites et malgré les points d’avancées sur le texte qui nous sera soumis cette semaine, certains m’interpellent encore : la prise en compte de la pénibilité, des carrières longues et la sauvegarde des pensions de la fonction publique.

Je continuerai mon travail parlementaire de manière constructive : le 49-3 ne doit pas être la fin du débat démocratique, le débat au sénat, les conclusions de la conférence de financement, les concertations avec les différents syndicats doivent encore enrichir cette réforme. Le Gouvernement a repris certaines avancées proposées par les parlementaires et les partenaires sociaux, mais ça reste insuffisant : les prochains examens du texte devront considérablement l’enrichir pour qu’il soit à la hauteur des enjeux du XXI° siècle.

Pour cela, nous aurons besoin d’un véritable débat à l’Assemblée nationale. Les semaines à venir seront décisives à la fois pour l’Assemblée, son image auprès de ceux qu’elle représente et l’avenir même de l’exercice démocratique en France. J’y prendrai ma part et mes responsabilités.