Delphine Bagarry

Delphine Bagarry candidate aux élections Législatives 2017 1ère circonscription des Alpes-de-Haute-Provence

Revalorisation du métier de sage-femme :  il est temps de concrétiser les déclarations d’intentions

Communiqué de presse du collectif EDS

Après des mois de grève et d’alertes, le gouvernement a enfin annoncé, lundi 22 novembre, la signature d’un protocole d’accord avec une majorité de syndicats du secteur hospitalier concernant le statut et la rémunération des sages-femmes. Ce protocole de revalorisation salariale constitue assurément un premier geste du gouvernement, mais il ne répond pas pour autant à l’ensemble des attentes et des exigences pour la reconnaissance d’une profession qui joue un rôle essentiel pour la santé de toutes les femmes et des enfants.

Sous-effectif chronique et criant menant à un épuisement professionnel, non-reconnaissance du statut de praticien·ne-hospitalier·e, rémunération trop faible au regard des compétences et de leur niveau de formation, voilà les conditions de travail dans lesquelles les sages-femmes sont censées apporter un accompagnement de qualité aux femmes, aux nouveaux-nés et aux familles à l’hôpital comme en ville. Face à ce quotidien, leurs revendications sont légitimes et doivent être pleinement entendues : une revalorisation globale des rémunérations, une intégration au parcours universitaire, une redéfinition des compétences, une évolution du statut vers celui de praticien hospitalier permettant de conjuguer activité professionnelle, enseignement et recherche.


Autant de demandes qui sont traitées au sein de la proposition de loi de la parlementaire Annie Chapelier. Une proposition de loi qui permet une réflexion profonde sur la souffrance des sages-femmes, et sur la nécessaire évolution de leur profession, seule condition pour garantir une qualité de vie au travail et ainsi, une prise en charge des patientes de qualité.

Une proposition que le Parlement doit voter pour aller plus loin que l’augmentation salariale significative de “500 euros net par mois” dont se félicite le Gouvernement, somme qui en fait prend en compte l’augmentation de 183 euros du Ségur de la Santé versée depuis décembre 2020, et qui pour moitié est allouée sous forme de prime, qui n’entre donc pas dans le calcul des droits à la retraite, et qui est, de surcroît, soumise à ​​une obligation de présence et ne concerne pas les sages-femmes de la fonction publique territoriale. Ainsi, les sages femmes exerçant en PMI, exerçant en contractuelles hospitalières, exerçant en libéral, n’auront rien.

Si le collectif EDS salue une première étape de reconnaissance des sages-femmes par ce protocole d’accord, il alerte sur les nombreux combats qu’il reste à mener. Il soutient la mobilisation des sages-femmes pour obtenir la satisfaction des revendications qui n’ont pas été entendues et une reconnaissance à la hauteur de leurs compétences et du caractère essentiel de leur travail, la garantie d’effectifs suffisants en structures, et une couverture effective des besoins en santé des femmes sur le territoire.