Delphine Bagarry

Delphine Bagarry candidate aux élections Législatives 2017 1ère circonscription des Alpes-de-Haute-Provence

Rencontre citoyenne « Éducation, avenir des jeunes »

Rencontre citoyenne le lundi 5 avril à Digne sur le thème de l’éducation et de l’avenir des jeunes. Des professionnels de l’éducation et citoyens étaient invités à venir échanger avec la candidate et son suppléant sur ce thème. Une grande place a été donnée lors de la réunion à l’écoute et au dialogue. Delphine Bagarry a rappelé sa perception de l’éducation comme globale, c’est à dire s’appuyant sur l’éducation nationale mais aussi sur les autres acteurs de l’éducation.

Extrait des échanges:

Introduction aux échanges par Delphine Bagarry

Éducation – Avenir des jeunes : thème large mais tellement important.

L’éducation, vaste thème donc, nous ne pourrons pas tout dire ce soir, mais nous allons essayer de décrire les grandes lignes de ce que nous pensons.

L’éducation, en France, c’est un droit pour TOUS, C’est même un devoir. L’obligation scolaire est imposée à l’origine pour éviter le travail des enfants aux champs ou à l’usine, et depuis 1959 tout enfant résidant en France doit, dès 6 ans, étudier au sein d’un établissement scolaire public ou privé, jusqu’à l’âge de 16 ans, sous peine de poursuites pénales à l’encontre des parents.

Tout le monde en France y a donc accès, il faut conserver ce droit et ce devoir, et je crois qu’aucun français ne le remet en cause.

Cependant, il faut apporter une attention particulière à la préservation de l’excellence du système public.

L’éducation doit rester un service public à privilégier, pour qu’il reste de qualité et il faut faire attention à ne pas construire une politique qui incite à favoriser le système privé (je pense à particulier à la baisse des fonctionnaires que propose certains candidats).

L’école ne fonctionne pas trop mal en France si on en croit les statistiques d’accès au bac et aux études supérieures de la population, mais ce qu’on veut surtout, c’est la réussite pour tous, réussite dans son projet de vie de citoyen, réussite dans son projet professionnel.

Il y a encore trop d’inégalités, les déterminismes sociaux existent.

L’école sert d’accélérateur pour les enfants issus de famille de niveau socioculturel haut, mais l’ascenseur social fonctionne moins bien pour ceux issus des milieux défavorisés.

L’enjeu des politiques en matière d’éducation est là : réussite pour TOUS, en adéquation avec SON projet de vie.

 

Complément par Georges Pereira

Dans la loi d’orientation sur l’Éducation, il est dit que l’Éducation est la première priorité nationale…

C’est un vaste chantier, un domaine évident mais au final plutôt difficile à appréhender (comme beaucoup d’autres domaines d’ailleurs…) avec de la diversité, en évolution permanente et nécessitant une adaptabilité pas toujours réussie de la part des pouvoirs publics.

De quoi parle-t-on ? Quelle éducation souhaite-t-on ? Dans le cadre d’un service public, qu’offre-t-on aux usagers ou plutôt que veut-on offrir ?

Lors du premier débat télévisuel le premier thème abordé a été celui de l’Éducation et notamment de l’Éducation Nationale.

Nous pensons que l’Éducation doit être réfléchie dans un espace plus large dans lequel interviennent de nombreux acteurs : la famille, les professeurs mais aussi le personnel communal, les éducateurs spécialisés, les assistantes maternelles, les personnels des crèches, les animateurs associatifs dans le domaine sportif, culturel, social ou encore les animateurs de l’éducation populaire.

Qu’est-ce que l’Éducation ?

L’éducation c’est l’action d’assurer à chaque individu le développement de toutes ses capacités (physiques, intellectuelles, morales et techniques) afin de lui permettre d’affronter sa vie personnelle, de la gérer en étant un citoyen responsable. C’est une action assez complexe.

D’ailleurs, aujourd’hui, les problèmes d’éducation s’étudient grâce à plusieurs disciplines (sociologie, psychologie, biologie, économie, philosophie…) et on parle de sciences de l’Éducation !

L’éducation est un élément essentiel du développement des personnes, on parle de droit à l’éducation.

L’éducation doit former l’esprit critique et créatif, permettre l’acquisition de savoir, de culture, d’instruction et de qualification.

L’éducation intègre une multitude d’espaces de coopération et d’échanges (au lieu de concurrence et de compétition), et tend vers l’intérêt général où chaque individu se prépare à devenir citoyen conscient de ses droits et de ses devoirs, de son potentiel et de ses limites, de son adaptabilité au monde du travail…

 

Intervention de Fabien Bonino, ancien animateur et citoyen engagé dans le monde associatif

En France, une réalité, un constat :

  1. l’ascenseur social est cassé.

Là où nos parents et grands-parents espéraient dans l’école républicaine un levier pour grimper sur l’échelle sociale, ceci ne fonctionne plus. D’abord parce que lorsque ses propres parents ou grands-parents sont sur une marche très élevée c’est difficile de les dépasser. Ensuite parce que les formes de travail ont changé. La grande entreprise – là où l’ascenseur était visible et mesurable entre les ouvriers, les contremaîtres, les chefs de services, les ingénieurs, etc. – est devenue plus rare, avec des structures diversifiées. Elle embauche aujourd’hui toujours 30 % des travailleurs du privé, mais au sein de 243 entreprises seulement. A l’autre bout, 20 % des travailleurs sont dans des micro-entreprises, dont le nombre s’élevait en 2011 à 3 millions en France ! Et ces petites entreprises sont plus nombreuses dans le Sud que dans le Nord de la France.

  1. Le modèle de l’école républicaine est contesté.

On fait tout reposer sur l’école, laissant de côté les autres acteurs organisés (clubs de sports, associations culturelles, centres de loisirs, centres sociaux…). L’école est centrale. Elle est l’unique moyen que tous les enfants se retrouvent et suivent, ensemble l’instruction de la République. Mais elle ne concerne qu’un temps de vie limité ! Un élève dispose environ d’un tiers de son temps en temps dit « libre ». Temps de la famille, des copains, des jeux, de la rue, du glandage… Temps donc des inégalités. Inégalités sociales, culturelles…

C’est sur temps-là qu’on réussit sa carrière professionnelle (et, plus largement, sa vie). C’est là qu’on fait du sport, qu’on joue de la musique, qu’on va au théâtre, qu’on cultive le potager, qu’on voit famille et copains, qu’on ne fait rien aussi.

Que peut faire l’école face à cela ? Avec ses 15 % de temps de vie, contre le double en face ? Quand bien même l’école serait égalitaire, avec une plus forte encore capacité de lutte contre les déterminismes sociaux, c’est un combat perdu d’avance… Ne pas réfléchir sur tous les temps de vie, c’est laisser aux seuls enseignants et aux parents l’entière responsabilité de façonner les Hommes et les citoyens que nous voulons.

  1. Les parents sont stigmatisés.

Constat de responsables de centres sociaux, œuvrant en milieux dits sensibles ou difficiles : aucun parent ne laisse tomber ses enfants. Chacun a une vision des objectifs éducatifs et des compétences différentes, mais l’attention reste là, toujours.

Des parents rencontrent des difficultés, l’école ne peut résoudre tous les maux, que fait le reste ?

Le point de vue socialiste et historique sur la question :

Une vision portée semble-t-il par Benoît Hamon : une société du loisir (en opposition à une société du travail). Alors, éduquer ne consiste plus seulement à fabriquer des travailleurs, mais, plus largement, des personnes qui réussissent leur vie, au-delà du travail. Cela, de l’autre bord politique, Charles De Gaulle l’avait compris avant l’heure : afin de former des élites de la nation il encourageait les Maisons de la Culture. D’autres mouvements, laïques et populaires, sont nés en face et ont été portés par les partis de gauche.

Enjeu : que l’élitisme puisse appartenir à tous.

 

Bilan de la rencontre citoyenne par Delphine Bagarry

Article 26 de la Déclaration de Droits de l’Homme

  1. Toute personne a droit à l’éducation. L’éducation doit être gratuite, au moins en ce qui concerne l’enseignement élémentaire et fondamental. L’enseignement élémentaire est obligatoire. L’enseignement technique et professionnel doit être généralisé ; l’accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite.
  2. L’éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Elle doit favoriser la compréhension, la tolérance et l’amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix.

Le premier alinéa dit bien qu’il est du devoir de la Nation d’éduquer les enfants, c’est un devoir du service public et c’est bien pour cela que l’éducation est la première des priorités nationales.

Le 2ème alinéa nous dit que l’éducation est réussie quand on a appris à vivre ensemble, sans haine ni rejet de l’autre. Quand la nation a su former des citoyens libres et respectueux d’autrui. Car l’école aura su accueillir aussi les enfants du voyage, les enfants mal logés, les enfants handicapés et les enfants étrangers. Car ces mêmes enfants auront pu bénéficier des activités périscolaires.

Car l ‘école est aujourd’hui le seul lieu où se retrouvent tous les enfants du même âge, en raison de l’obligation scolaire, quelle que soit leur origine, leur sexe, leur religion et leur capacité à apprendre.

Nous aurons réussi le pari de l’éducation quand enfin seront gommées les inégalités d’accès aux études, et par l’apprentissage des différences, quand on aura su inculquer la tolérance et le respect.

Concrètement pour les Alpes de Haute Provence en particulier, c’est veiller à la préservation des écoles rurales, c’est encourager les associations à venir animer les temps périscolaires, c’est offrir des solutions d’hébergement pour les enfants vivant loin des lycées (internat), c’est encourager nos jeunes à poursuivre des études supérieures : leur donner confiance, ce n’est pas parce qu’il viennent de la campagne qu’ils sont plus mauvais que ceux de la ville.